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Recrutement : de plus en plus d’entreprises simulent…
Grâce à des exercices pratiques, le recrutement par simulation permet aux employeurs de s’affranchir du CV et de tester les compétences en situation de travail. Inventée par l’ANPE, cette méthode originale a su progressivement séduire les entreprises. Keljob.com décrypte cette tendance et vous aide à être prêt le jour J.
Accor, Ikea, Citroën, Airbus, ST Microelectronics… Ces dernières années, de plus en plus d’employeurs ont expérimenté, en partenariat avec l’ANPE, un procédé de recrutement qui sort résolument de l’ordinaire : les entretiens par simulation. Le principe, mis au point en 1995, est simple mais novateur. Plutôt que de se fier aux antécédents des candidats, il s’agit d’évaluer directement leurs habiletés en les mettant en situation de travail. Toutes branches confondues, 20 300 professionnels ont été testés de la sorte l’an passé. En 2007, ce chiffre devrait doubler. Conforama vient notamment d’annoncer l’embauche par simulation de 1500 caissiers.
Des mises en situation en guise de test
Les tests utilisés au cours d’un recrutement par simulation sont, selon l’ANPE, « des exercices pratiques qui recréent par analogie les conditions du travail à pourvoir » et qui « permettent d’observer et d’apprécier la façon dont les candidats abordent et résolvent les difficultés ». Par exemple, pour un poste de réceptionniste d’hôtel, le test va consister à délivrer des renseignements téléphoniques en anglais à un interlocuteur mécontent. Chez un futur étalagiste, le conseiller va plutôt observer l’habileté à ranger par référence des produits (symbolisés par des Legos) dans des linéaires, le tout en étant constamment dérangé… Des points sont attribués pour chaque tâche réussie. A l’issue de cette présélection, les meilleurs candidats sont invités à passer un entretien chez l’employeur.
La grande distribution et le BTP en première ligne
Pour les entreprises, la méthode présente un avantage certain. En privilégiant les compétences sur les diplômes ou l’expérience, le procédé garantit à l’employeur que le candidat sélectionné est opérationnel. Une solution de choix pour sortir du traditionnel tri de CV.
À l’heure actuelle, ce sont surtout les grandes entreprises qui ont recours aux entretiens de simulation. En première ligne : le BTP et la distribution. La pénurie de main-d’œuvre dans ces secteurs est récurrente et elle oblige les grands groupes à sortir des sentiers battus pour embaucher. Plus généralement, le procédé est surtout apprécié par les sociétés qui doivent recruter rapidement, à grande échelle, des profils peu ou moyennement qualifiés (logistique, sécurité, banques…). Coût de l’infrastructure oblige, ce type d’opération est mis en place lorsque la campagne concerne au moins une dizaine de personnes.
L’autre porte d’accès au marché du travail
Pour certains candidats, le recrutement par simulation permet d’éviter l’exclusion du marché du travail. Cette méthode a le mérite de donner une chance à ceux qui ont du mal à convaincre via un CV et un entretien : les candidats sans qualification, les femmes qui souhaitent retravailler, les jeunes sans diplômes. Une compétence acquise dans la pratique d’un loisir peut ainsi se transformer en « diplôme de circonstance ». Le procédé limite également les discriminations basées sur le sexe, l’âge ou l’origine ethnique des candidats en leur permettant de prouver leurs habiletés sur le terrain.
Quelques conseils
Si vous souhaitez bénéficier d’un recrutement par simulation, renseignez-vous auprès de votre conseiller ANPE : il vous indiquera si une campagne de recrutement par simulation est prévue et vous aidera à évoluer vos chances. Lisez la presse et surveillez les sites Internet des grandes entreprises. Ces dernières communiquent beaucoup sur cette méthode qui les valorise.
A la différence d’un classique entretien de recrutement, il est difficile de se préparer avant le jour J. Seules vos habiletés intéressent les évaluateurs, vous n’avez donc pas à être un as du paraître. Le jour J, il faut réussir à se concentrer sur le cas concret qui vous est proposé. N’oubliez pas que cette démarche ne vise pas à piéger les candidats mais bel et bien à révéler leurs aptitudes et à favoriser leur embauche.
Benjamin Metral © Keljob.com
