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Jobs alimentaires : quelles motivations mettre en avant ?

Bientôt six mois que vous avez fini votre thèse sur la vie des fourmis noires au Guatemala, et vous n’avez toujours pas décroché le poste de vos rêves. Votre compte en banque virant au rouge écarlate, vous avez décidé de passer à l’action. Quels arguments avancer pour convaincre un recruteur de vous aider à joindre les deux bouts quand il se doute que vous n’êtes pas là pour faire carrière ?

« En attendant de trouver mieux » : très mauvaise réponse !

Autant vous le dire tout de suite, votre bac +8 n’a pas grand intérêt pour un manager de fast-food. Alors inutile de mentionner tous vos diplômes sur votre CV et de lui parler de vos fourmis noires en entretien. Au mieux, vous le ferez sourire, au pire, vous l’exaspèrerez, mais dans tous les cas, il ne vous embauchera pas. La peur des recruteurs vis-à-vis des candidats trop diplômés : qu’ils fassent un petit tour et puis s’en aillent. Et surtout, qu’ils ne soient pas adaptés au monde de l’entreprise. Alors pour leur faire oublier l’image du rat de bibliothèque, misez surtout sur vos compétences professionnelles.

« Pour mettre du beurre dans les épinards » : ça ne suffit pas  


« Si un candidat me dit qu’il lui faut absolument le poste car il a vraiment besoin d’argent, ça ne va pas forcément m’attendrir, confie Lofti Bensalem, chef des ventes pour Daytona, entreprise spécialiste de l’externalisation commerciale, mais s’il précise que l’expérience l’intéresse, qu’il recherche le contact client, qu’il est motivé… c’est un discours qui me parle plus. »  
Car même si ce n’est pas votre secteur, une expérience est toujours bonne à prendre. Faites-le valoir auprès du recruteur. Être serveur, c’est l’occasion de soigner son relationnel, vendeur, d’apprendre le service clientèle, téléopérateur, de développer son aisance au téléphone.

« Dans mes lettres de motivation, je mentionne le fait que ce travail me permettra de financer mes études, mais j’insiste surtout sur l’expérience professionnelle que cela va m’apporter, explique Laura Bec, étudiante en BTS Économie sociale et familiale et hôtesse de caisse dans une grande surface de Bourgoin-Jailleu. Il ne faut pas oublier de préciser ses disponibilités, un point qui les intéresse tout particulièrement. » En effet, dans la grande distribution, les recruteurs ont l’habitude d’engager des étudiants surtout pour les horaires décalés, les soirs et week-ends. A vous de jouer la carte de la disponibilité.

Faites feu de toute expérience

N’ayez pas un mais des CV. Adaptez-le à chaque offre. Si vous n’avez aucune compétence particulière pour le poste, rédigez-le de manière à ne pas avoir l’air totalement inadapté aux missions qui vous seront confiées. Valorisez toutes vos expériences, petits boulots inclus. Vous avez bien dû faire du baby-sitting : s’occuper d’une petite tête blonde qui court dans tous les sens démontre un sacré sens de l’organisation et des nerfs à rude épreuve.

Motivé, motivé, il faut se motiver

Soyons honnête, entendre 500 fois par jour : un burger et des frites, ce n’est pas passionnant. Passer cinq heures au téléphone dans un call-center, non plus. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut venir à reculons. Attention à ne pas donner l’impression que vous allez arriver tous les matins en traînant les pieds. « La grande majorité des missions d’animateurs commerciaux que nous proposons étant ponctuelles, nous savons très bien que la plupart des étudiants vont faire un bout de chemin avec nous mais qu’ils n’ont pas forcément vocation à faire carrière, explique Lofti Bensalem. Pour autant, il faut qu’ils nous montrent qu’ils sont sérieux et motivés. On le voit très vite quand un candidat ne fait pas d’effort pour s’impliquer. »

Magali Morel © Keljob.com - Juillet 2008

Entretien avec Dominique Nourry, responsable formation enquêteurs chez BVA