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Trouver un emploi après un congé parental
Un congé parental peut durer jusqu’à 3 ans. Pour beaucoup de femmes, trouver du travail après cette période s’avère difficile. Néanmoins, les mentalités et les façons de travailler changent.
Des employeurs de plus en plus ouverts ?
Tout le monde vous le dira, plus un congé parental est long, plus retrouver du travail est difficile. Non pas que votre savoir-faire se serait envolé durant ce laps de temps, mais les recruteurs redoutent, de manière générale, les absences prolongées du monde du travail. En clair, ils estiment que vous ne serez pas immédiatement opérationnelle, étant donné que beaucoup de choses changent en 6 mois, et plus encore en trois ans.
Pour corser l’affaire viennent s’ajouter les questions de garde de l’enfant et d’organisation. Allez-vous devoir quitter votre travail en plein après-midi si ce dernier est malade ? Ne pas pouvoir travailler tel jour parce que l’école est fermée ? Partir plus tôt tel autre parce que vous avez rendez-vous chez le pédiatre ? Voici les questions auxquelles vous aurez quasi-systématiquement droit en entretien d’embauche. Car, comme le souligne Jacqueline Tessier : « le partage des tâches a peu évolué... pourtant, d’après les statistiques, les femmes ne sont pas moins mobiles que les hommes, ni plus souvent absentes ! » Chargée de mission à la direction régionale de l’ANPE Île-de-France, elle constate néanmoins que les mentalités commencent à évoluer : « on parle de plus en plus des droits des femmes et de lutte contre les discriminations. Aujourd’hui, tout le monde prend conscience de ces réalités ».
Mais selon elle, ce que craignent par-dessus tout les femmes, c’est que le fait d’avoir des enfants constitue un frein à leur évolution de carrière. Par exemple, plus le poste visé est élevé, plus il est difficile d’obtenir un mi-temps ou un 4/5e. « En revanche, le télétravail a tendance à se développer et constitue un excellent compromis pour celles qui ne veulent pas avoir à choisir entre leur famille et leur carrière », note Adeline Touchard, manager à la division assistanat et secrétariat du cabinet de recrutement Hays.
Quelques conseils pour faciliter votre recherche
On s’y prend en avance !
Pendant votre congé, renseignez-vous sur le marché du travail et les secteurs les plus porteurs. De plus, prenez le temps de bien adapter votre candidature à chaque poste, et mettez en place un vrai suivi. Bref, faites tout ce qu’on n’a pas le temps de faire quand vous êtes en poste.
On reste « à niveau »
Adeline Touchard conseille vivement de profiter de la période de congé parental pour se former : « on peut opter pour une formation par correspondance, ou s’adresser à un organisme qui propose des horaires aménageables ». Une assistante de direction par exemple, veillera plus particulièrement à l’entretien de ses connaissances en langues et en informatique.
On justifie son absence sur son CV
Rien de pire pour le recruteur qu’un « trou » dans un CV. Pour Adeline Touchard, il ne faut pas hésiter à inscrire cette période de congé parental sur son CV : « beaucoup de femmes ne le précisent pas. Résultat, le recruteur peut imaginer tout et n’importe quoi sur les raisons de cette période d’inactivité », explique-t-elle. Enfin, mettez bien en avant votre disponibilité immédiate, c’est très apprécié des employeurs.
« Je savais que je ne retrouverai pas ma place à mon retour »
Employée en CDI par une société de finance, Joanna Écolivet a vu son emploi lui filer entre les doigts en 4 mois, juste le temps d’un congé de maternité...
« J’étais employée en tant que comptable depuis octobre 2005, et je suis partie en congé maternité en novembre 2007. Vu la situation, je savais que je ne retrouverai pas ma place à mon retour : avant même mon départ, on m’a fait comprendre que le fait d’avoir un enfant « compliquait les choses ». Et effectivement, peu avant la date de la reprise, ma DRH m’a clairement expliqué qu’on n’avait plus besoin de mes services. Elle m’a notamment reproché mes absences (dues à des complications pendant la grossesse), et j’ai été licenciée.
Aujourd’hui, je travaille en intérim et je suis très heureuse. Bien sûr, j’ai de la chance car il y a pas mal de travail dans ma branche. J’ai toujours indiqué que j’avais une fille sur mon CV, et tous les recruteurs que j’ai rencontrés m’ont demandé comment je m’organise pour sa garde. Il se trouve que c’est mon mari qui l’amène et la récupère chez ma belle-mère. Et c’est lui aussi qui sera prévenu et quittera son travail en cas de problème... Mais j’imagine qu’à son travail, personne ne lui a demandé comment il s’organisait avec sa fille. »
Priscilla Franken © Keljob.com

